Un tiers s'estimant lésé par un site web ou un message
sur un forum de discussion pourra exiger du prestataire technique par une
simple mise en demeure (il s'agit de louer les services d'un huissier pour
porter un pli) que ce dernier acomplisse les "diligences appropriées",
sans quoi les contenu incriminés seront portés sous sa
responsabilité devant le juge.
Cette théorie de la riposte graduée est helas inapplicable à internet; le prestataire ne pouvant empecher l'auteur de poster des documents sur son site web, la seule diligence possible est la suppression intégrale du site.
Cela va inévitablement conduire à des excès, les prestataires détruisant des sites web dont le seule tort serait d'être peut-être répréhensibles selon la compréhension limitée du droit qu'auront les employés chargés de traiter les mise en demeure.
Ces abus necessiteront rapidement, à la demande des auteurs et des prestataires, la création d'un Conseil Supérieur de l'Internet chargé de recevoir les plaintes des tiers s'estimant lésés et d'emettre des avis en direction des prestataires techniques.
Ces avis seront suivis à la lettre par les prestataires qui seront tenu pour responsable des contenu qu'ils maintiendraient en ligne contre un avis du CSI.
La réflexion sur la création de cet organisme est deja bien avancé, Christian Paul rendra son rapport sur le sujet en mai 2000.
La concertation sur le sujet est assez limitée; outre que la page web se nomme coregulation.html, la liste des structures auditionnées fait la part belle à une certaine sensibilité, au point que le seul représentant d'un collectif d'auteur internet qui devait être entendu (la cpml) a finalement vu son audition annulée.
Document d'étape au 15 février; par Christian Paul.
"Les modalités d'action de l'organisme restent
également à définir. En première
analyse,
on peut identifier quelques grandes fonctions et les moyens qui leur
correspondent
:
Le but
des auditions que je mène est bien d'identifier la pertinence de
ce premier
recensement:
- L'organisme
pourrait au minimum constituer une instance de réflexion et de rencontre,
ce
qui se
traduit par une panoplie de moyens d'action : publication d'un rapport
annuel,
organisation
de forums et de rencontres thématiques et/ou régulières,
rôle de conseil au
gouvernement
et au législateur, publication de recommandations de portée
générale,
participation
aux initiatives de régulation à l'échelon international.
- L'organisme
pourrait être une instance d'information et de sensibilisation du
public aux
enjeux
de l'Internet, ce qui implique une fonction d'information sur le droit
applicable sur
l'Internet,
voire de répercussion des attentes et des perceptions du public
vis-à-vis de
l'administration
en ligne.
- L'organisme
pourrait avoir pour fonction d'encourager l'autorégulation dans
certains
domaines,
ce qu'il pourrait faire en élaborant, ou plutôt en agréant,
voire en labélisant des
chartes
ou codes de conduite, des documents contractuels types et en encourageant
le
développement
des dispositifs de filtrage.
- L'organisme
pourrait prévenir les litiges, par la médiation entre grandes
catégories
d'acteurs,
ou éventuellement par une fonction de médiation ou d'arbitrage
dans des litiges
individuels.
- L'organisme pourrait participer à la lutte
contre les contenus illicites, en gérant une ligne
d'appel
d'urgence sur les contenus illicites d'une ligne d'appel d'urgence sur
les contenus
illicites.
Quels que
soient les instruments retenus dans cette panoplie, il est évident
que l'organisme
de corégulation
devra travailler dans la transparence vis-à-vis des acteurs de l'Internet
et
garantir
une concertation en ligne sur les grands enjeux qu'il examine ainsi que
sur sa propre
manière
d'agir. "