avoir le désespoir
d'offrir la mer à boire
à des gens qui n'ont soif que pour un verre d'eau

 

Le Chœur

Lorsque qu'à l'évidence la volonté de nuire est absente chez l'accusé, lorsque le juge ne connaît ni le lieu, ni la langue, ni même la réalité de l'acte considéré comme délit, le droit doit céder la place à une réflexion plus profonde et le tribunal doit se déclarer incompétent. Sinon il commet en actualisant un jugement qui de droit doit faire date un crime de juris-imprudence.

 

Elle

Un mannequin professionnel fait profession de symbole sexuel. Tant qu'il défile sur les allées de la mode couture des quatre saisons, il n'est qu'un petit miroir pour petites alouettes qui veulent se coudre d'or. S'il entre, par la force du spectacle marchand, dans le panthéon des demi-dieux audiovisuels, alors son Image est dans toutes les libido, déformée par le fantasme, générant l'envie d'être celui qui est preneur, et celle qui est prise (en photo). C'est le leurre absolu du désir, le piège qui clochardise l'innocence à vivre, le crime contre la beauté de l'amour, une décharge d'ordures dans les champs du désir. L'humanité est constitué de deux sexes qui se désirent. Il est des guillotines mentales pour les bras des amants.

La part de folie, de violence urbaine qui vient de ces images (au moins montrez moi ce sein que je ne peux toucher) est si connue que c'est un poncif de l'évoquer. D'autant que tuer le désir est ce qui mène au meurtre, et que la répétition perpétuelle de ces tueries de télévision, à la sauce idéologique d'une époque qui ne veux que se regarder elle même dans son miroir cathodique, pissant le sang comme un sperme maudit, dans des images dont l'unique humour est d'être glauques, et de montrer qu’elle le savent, hallucination d'un quotidien au dessous du mal et du bien, entre pub de protège-slip et pub dentifrice de champion de coupe du monde de foot, bref Le Spectacle qui à déjà été capable d’asphyxier la douceur de vivre et le bonheur du quotidien.

 

Amour, gloire et beauté, c'est une série TV si laide mais si prenante, qu'elle se marie à l'abruti(e) dans des copulations solitaires à heure fixe et l’épilepsie gagne le champ social, la peur des onanistes fermant toutes les portes de l'hospitalité, la peur de l'Autre venant de ce que l'on se voit devenir soit même, la Haine étant la seule chose gratuite dans un espace ou l'air l'eau, le regard, le rire ont un prix, et une taxe sur la valeur ajoutée.

 

La maman et la putain, la femme d’affaire et l'ingénue, la fauve et la fauvette, on vole mon image en la montrant sans en payer l'autorisation, mon fond de culotte qui est mon fond de commerce, et multinational s'il vous plaît. Veuillez condamner au plus fort ce type, qui ne m'a rien volé, que je ne connais pas et ne veux pas connaître, mais qui a servi au transport de ladite image , comme ces chameaux et ces bébés dont on remplissait le ventre d’héroïne, pour passer les frontières d'orient, et qui étaient ouvert au couteau à l'arrivée pour récupérer la marchandise.

Enfin condamnez le car il semble solvable, car personne n'agissant pour rien, il doit en faire une drôle, lui, de fortune, à manipuler grâce à des protocoles obscurs cette énorme quantité de mots, d'images, nous avons enquêté, et comment: en quelques neuf mois quelques deux millions six cent mille et quelques personnes sont entrées dans son portail, et s'il n'y a de bandeau publicitaire nulle part c'est qu'il a trouvé mieux, et s'il n'en parle pas c'est que c'est vraiment mieux, clients captifs qu'il faut captiver grâce à mon image, condamnez le à mon tarif habituel, car je le connais mon tarif, et ces quelques images qui me font un tort considérable doivent me rapporter à la mesure de ce tort, considérablement.

 

Lui

Un dingue d’ong (organisations non gouvernementales), du potlatch avec ses petits navets, jarryté bien ordonnée, qui Ubu boira la tasse. Pourvu que ça change, comme disent les bébés en couche.

La certitude de ne pas vouloir réinventer la roue est le plus grand danger pour un créateur. Car la roue doit être réinventé sinon la bobine s’arrête et le film brûle. Tout le monde a raison d’être déraisonnable et c’est la règle d’or de la liberté d’expression. Donc il faut offrir un réseau qui couvre la totalité de l’espace géographique pour l’île d’Utopie. Or il se trouve que ce réseau existe déjà ! il suffit donc d’en supprimer toutes les contraintes habituelles, qu’elles soient d’ordre marchand ou idéologique ou bêtement technique, vu que le mensonge se combat fort bien en donnant la parole à tous, que la propriété des sons, images et films va aujourd’hui à l’éditeur et non à l’auteur (Beaumarchais, reviens !) que l’anonymat peut être revendiqué dans un monde où le pouvoir veut tout écouter, tout savoir et punir les brebis dites galeuses dès l’âge dit de raison, qui est celui de l’enfance, bref qu’il est encore possible d’agir, et que le laisser faire dans l'apprentissage de la responsabilité individuelle est peut être la meilleure façon d’inciter à bien faire, et que les quelques troubles qui pourraient en résulter ne sont rien en comparaison de la guerre civile mondiale qui se prépare, devant les saletés infinies d’une trentaine d’années de merchansising en flux tendu.

 

Internet

Il est de la modernité comme un vase de saletés accumulés par l’Histoire, les moutons de Panurge au bord de la piscine ( plusieurs milliers de sites montrant les mêmes images d’actrices, top-models et autres demi-déesses demi nues, les mêmes, les mêmes, l’ennui naquit une nuit de l’uniformité). La reproduction et la délégation comme liberté, c’est UNIX en mode mineur d’accord, mais la mythologie continue et l’humain peut s’accepter puisqu’il se rêve. Le réseau est un lieu d'écriture, rien de plus, rien de moins. Celle çi a toujours produit l'antidote de ses propres dérèglements. L’homme descend du songe et du mensonge. Pour cela il faut que chacun s’y mette, et à commencer par les artistes de la répétition, les coda, les techno, il faut lever tous les embargos, baisser la garde des règlements sous peine de bloquer le système, aucun robot ne peut reconnaître le contenu d’une image, et la vie privée d’une personne publique est plus dangereusement compromise lorsque la personne publique est prête à monnayer une pseudo-défense qui s'apparente plutôt au racket de type banlieux difficiles. La mauvaise foi est toujours prête à apprendre à la crédulité que le discours révisioniste est plus dangereux que les camps d’exterminations actuels (Chine, entre autre), que les images interdites sont plus révoltantes que les enfants qui meurent (Afrique, Irak), que ni les gérants d’autoroutes ni les ponts et chaussés, ni les constructeurs de véhicules trop rapides ne sont jamais tenus responsables des accidents qui tuent, que les tuyaux du net sont plus respectables que les poils de cul, bref que l’on force dans ce pays les idées par tout bouts, moyens et hypocrisie et ceux qui se moquent de la réalité en la désirant virtuelle devraient craindre que la réalité ne le leur rendent bien.

 

On a crucifié financièrement Valentin trois jours avant sa fête religio-marchande. Humour christique.

 

Email : rodolfe@altern.org

http://altern.org/cyberlue