Le 10 février 1999 Valentin Lacambre, propriétaire d'Altern-B, a été condamné par la cour d'appel de Paris pour avoir hébergé un site web sur lequel apparaissaient des images d'Estelle Halliday nue, publiées par un quidam auquel la justice ne s'est même pas intéressée. Six autres assignations ont été déposées contre Altern-B sur des motifs plus aberrants les uns que les autres.
La justice reproche à Valentin Lacambre de ne pas exercer
de contrôle, à priori, sur les contenus des sites
routés par ses machines sur le réseau Internet.
Il est impossible à un prestataire technique de contrôler
des dizaines de milliers de pages qui peuvent être modifiées
en permanence, la structure même du support interdisant
tout usage des dispositifs technologiques utilisés dans
l'audiovisuel et dans la presse. En conséquence, un hébergeur
de sites web ne saurait être comparé à un
éditeur de presse ou à une chaîne de télévision.
Le comité Valentin estime, par ailleurs qu'il ne peut être
donné mandat à un intermédiairetechnique
pour juger de la légalité des contenus diffusés.
Ce n'est pas et ne peut pas être son rôle.
Le Comité Valentin demande donc aux politiques de faire
leur travail et de formuler une proposition de loi, mettant définitivement
un terme à des applications aléatoires de la loi
qui signent l'arrêt de mort de l'Internet non-marchand et
des expressions individuelles qui s'y propagent.
Il ne saurait y avoir de liberté d'expression sans liberté
et possibilités d'accès aux moyens de celle-ci.
La survie de services non commerciaux comme altern.org est fondamentale.
Aujourd'hui, 47 000 sites sont réduits au silence, parmi
lesquels de nombreuses personnes, associations, organisations
humanitaires et militantes qui diffusent des idées, et
informent largement les citoyens. La volonté qui apparait
en arrière-plan de ces procès à répétition
est claire :transformer le réseau des réseaux en
une gigantesque galerie marchande, nettoyée de toutpropos
" politiquement incorrect ". Pour qui ?
Pour ceux qui sont aptes à consommer et à payer,
alors que 80% de la population mondiale n'a toujours pas d'accès,
alors que la pauvreté et l'exclusion se développent
dans ce village qu'on nous dit global.
Internet n'est que le reflet des contradictions de notre société.
Une société où l'on constate une recrudescence
de la censure : répression sur les minorités, refus
des différences, livres, BD, films interdits, techno-parties
déclarées illégales, drogues douces démonisées,
etc.
La liberté d'expression et de vie, semble-t-on nous dire
est dangereuse
mais pour qui ?
Le Comité Valentin s'inscrit donc dans une lutte globale
pour la liberté d'expression pleine et entière de
chaque citoyen et invite tous les individus, les associations
et organisations françaises, européennes et internationales
qui travaillent déjà sur ce terrain, les prestataires
techniques, les responsables de sites Web, à le soutenir
dans ses actions :
· en rejoignant le comité et les collectifs constitués
et en signant leurs pétitions :
http://altern.org/defense
http://ecole.eu.org/petition.shtml
http://www.iris.sgdg.org
· en soutenant financièrement Altern-B
http://altern.org/defense/dons.html ,
en se joignant à l'opération " Défaite
de l'Internet " en mettant dès aujourd'hui un écran
noir sur leurs sites http://www.defaite-internet.org
· en ne participant pas à la " Fête de
l'Internet ",
· en écrivant aux politiques et aux médias
en participant à la réunion publique qui sera organisée
le 17 mars à la Mutualité
Le droit à l'expression est inaliénable, comme l'affirme l'Article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme qui fonde notre Constitution. Tout comme le droit à la différence, à l'autodétermination et à la vie privée. Nous avons le droit de penser, de danser, de fumer, de jouir, de nous exprimer publiquement, y compris sur Internet. Nous avons le droit de vivre dans et avec le respect des autres.
Le Comité Valentin, le vendredi 26 février 1999