PARIS, 12 mars (AFP) - Estelle Hallyday a annoncé qu'elle
offrira à une oeuvre de
charité les dommages et intérêts qu'elle devrait
recevoir de l'hébergeur de sites internet
Valentin Lacambre.
M. Lacambre avait été condamné le 10 février
par la cour d'appel de Paris à lui verser
405.000 francs (61.742 euros) pour avoir hébergé
un site qui exposait des photos
non-autorisées du mannequin.
Estelle Hallyday a justifié sa position dans une interview
à Paul Amar dans le cadre de
son émission "20h Paris Première" qui
sera diffusée le 30 mars sur la chaîne câblée.
"Ces photos m'ont été dérobées
par un proche, puis vendues et publiées dans un
magazine que j'ai attaqué, puis dans un plus petit magazine
que j'ai attaqué également.
Lorsqu'on m'a prévenue qu'elles étaient sur internet,
j'ai attaqué tout simplement dans le
but de faire respecter mon image", a-t-elle expliqué,
précisant "Je n'ai pas honte de ça et
ce n'est surtout pas une erreur de notre part".
"J'ai reçu 700 fax qui reproduisaient une lettre
type d'un comité de soutien pour cet
hébergeur. Alors j'ai pris une décision, je ne veux
pas de cet argent. Je verserai ces
fonds à l'association "L'enfant bleu" qui s'occupe
d'enfants maltraités. Internet, c'est très
bien, c'est un très bon moyen de communication, mais attention,
il faut respecter l'être
humain, et c'est ce que fait cette association."
"Ma démarche était toute simple, maintenant
ça a fait un raz-de-marée, une boule de
neige. Je ne suis pas contre internet, je ne suis pas contre la
liberté d'expression, j'espère
que le site pourra rouvrir et j'aimerais que ça serve de
réflexion, à une loi peut-être",
a-t-elle ajouté.
M. Lacambre, confronté à de nouvelles plaintes
en justice, avait mis fin le 21 février à
l'existence de plus de 47.000 sites qu'il hébergeait sur
son site Altern.org.
Ce jugement a suscité un grand malaise chez les internautes
et au-delà. Il pose la
question de la responsabilité pénale des contenus
des sites Web, puisque c'est
l'hébergeur du site et non son auteur qui est condamné.
Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'économie et des
finances, a évoqué cette affaire
le 3 mars à l'Assemblée pour rappeller la nécessité
d'une législation sur internet.